*L’Europe aime le café, en Swahili. Le Swahili est l’une des langues les plus rependues en Afrique de l’Est de nos jours. Il y a quelques jours j’ai eu la chance de rendre visite à quelques-uns de nos partenaires producteurs & exportateurs de l’Est Africain. Le voyage devait au tout départ avoir un autre visage, puisque j’étais sensé participer à la Cup Of Excellence du Burundi, en tant que juge. Finalement et en raison de la situation politique du pays, nous avons décidé de ne pas y participer… Nous avons donc bouleversé nos plans pour rendre visite aux pays voisins !

Rwanda

Ma première destination fut le pays aux milles collines: le petit Rwanda. Petit en surface, énorme et impressionnant par son actuel développement économique (seconde économie Africaine aujourd’hui!). Il y a déjà bien longtemps (en 2008), nous avons commencé à travailler un café dit « Fully Washed » ou « Lavé » du Rwanda, et depuis lors, nous vous proposons le café de la même station de lavage de Kayumbu.

Lavé ou semi-lavé?

Le café, comme dans beaucoup de pays africains, était très souvent directement transformé par les petits producteurs, chez eux. Cela signifie que les producteurs dépulpaient leurs cerises à la maison et apportaient les parches à la station de traitement, pour les vendre. Le problème évident est bien sûr lié à la qualité du café, car les producteurs ne sont pas en mesure de faire un bon dépulpage, avec fermentation … En effet, la plupart du temps le dépulpage du café, « maison », enlève également le mucilage de la cerise. C’est un premier point. Le second est lié à la traçabilité : un producteur Rwandais produisant entre 675 et 700 kg de café vert par an, tous ces lots sont mélangés ensemble et on perd alors toute idée de traçabilité.

Valoriser les cafés lavés

Le grand défi des exportateurs fut alors de convaincre les producteurs d’apporter leurs cerises « brutes » dans les stations de lavage pour être lavées, au lieu d’apporter les parches à l’usine… Pourquoi est-ce un défi ? Et bien tout simplement car les producteurs ont l’idée tenace qu’un café en parche leur permet de « suivre le marché » dans le temps, puisque le marché « pourrait encore grimper … ! ».  Comment un exportateur peut-il alors les convaincre de travailler avec eux ? La première façon et la plus logique est de les payer plus … Ensuite, si le café est de bonne qualité, accorder un second paiement (le café pourra être vendu plus cher). Et enfin, ce ne sont pas les agriculteurs qui apportent leurs parches à l’usine, mais des intermédiaires qui, bien écidemment, se rémunèrent au travers d’une commission sur la vente. Si les agriculteurs apportent leur café directement, ils n’auront pas besoin de payer cette commission! Même si ce n’est pas evident, le pays est en train de remporter la bataille contre la mauvaise qualité. Nos partenaires nous ont d’ailleurs dit qu’ils faisaient précédemment 70% de semi-lavé et seulement 30% de Fully Washed. Aujourd’hui, c’est tout simplement l’inverse!

Café semi-lavé à gauche et café lavé à droite

Sélection 2015/2016

Nous sommes en train de franchir une nouvelle étape dans la promotion des cafés de spécialité Rwandais car nous vous proposerons très bientôt nos premiers microlots du pays :-). Notre Titus de la station de lavage de Kayumbu vient du centre du pays, alors que les microlots que nous avons sélectionnés pour cette récolte sont originaires de l’Ouest dans les environs du Lac Kivu. Quelques noms que vous pouvez garder en mémoire seraient Birembo, Kanzu, Gisuma… et quelques fruits qui caractérisent bien ces tasses seraient le citron, l’ananas ou encore le raisin blanc… Comme vous le voyez, on vous promet de la bombe !

Enfants Rwandais à proximité de la station de lavage de Kayumbu

Enfants Rwandais à proximité de la station de lavage de Kayumbu

Voici seulement la première partie de notre voyage en Afrique de l’Est: restez connectés pour le résumé de notre passage en Tanzanie et au Kenya !

Angel, pour l’équipe Belco

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