Je me demande si je ne suis pas en train de jouer avec les mots.
Et si les mots étaient faits pour ça ? En même temps, après avoir entendu Arnaud (notre cher fournisseur équatorien) me dire : « Avec mon projet de Las Tolas, j’ai juste essayé d’implanter une production de café au milieu d’une forêt naturelle. Et chaque jour, que ce soit d’une façon ou d’une autre, la forêt essaie de tuer le café. Mon idée avec Las Terrazas del Pisque était différente, car là-bas j’avais essayé de faire pousser une forêt au milieu du désert pour pouvoir implanter par la suite le café », je pense que je peux dire qu’Arnaud est un Bâtisseur d’empires… Surtout qu’après 10 ans de travail à Las Tolas – au milieu d’une vraie forêt naturelle dans laquelle il n’est pas rare de voir des perroquets endémiques et en voie d’extinction habiter dans des palmiers de montagne ! – il a construit une ferme produisant un café d’une qualité assez exceptionnelle.   

Et surtout aussi après voir vu Las Terrazas del Pisque en début de production et comment elle est parfaitement fonctionnelle aujourd’hui au milieu d’un désert.

Mais quelle histoire se cache derrière cette réussite complètement improbable ?

Las Terrazas del Pisque, ferme historique d’élevage de vaches et située entre 2000 et 2200 mètres d’altitude, a été pensée à l’époque par Arnaud comme l’endroit parfait (d’après lui donc) pour faire l’une des tasses les plus complexes dans le café. Il fallait juste que le café pousse !    

Il savait bien que sous la ferme passait un tunnel de 8 km qui avait était fait pour transporter les eaux issues de la fonte des glaciers de la région.  Et comme on le sait tous, dès qu’il y a de l’eau, il peut y avoir de la vie. C’est la raison principale pour laquelle il s’est décidé à racheter cette ferme.

Ensuite, il a commencé à acheter des semences d’arbres venant des quatres coins du monde pour construire sa forêt. « A Las Tolas, les arbres se connaissent tous entre eux, le café reste le seul intrus », m’a-t-il dit. « Alors qu’à Las Terrazas, les arbres sont tous des étrangers les uns pour les autres, ils ne peuvent donc pas rejeter le café qui est aussi intrus qu’eux dans l’écosystème. »

Pour les variétés, Arnaud a choisi les mêmes qu’à Las Tolas, celles qu’il connaît bien et qu’il aime autant : Caturra, Caturra Jaune, Bourbon Tekisik, Pacamara, Pacas, Java et une toute nouvelle, l’hybride de Las Tolas, qui est une mutation équatorienne de son Bourbon.

A ce jour, il a réussi à transformer 15 hectares en café et espère en avoir 17 pour la prochaine récolte. Son but est d’avoir une production totale de 25 hectares sur les 40 hectares de la ferme.

Ne se satisfaisant pas de son « empire », Arnaud a également joué un rôle salomonique auprès des petits producteurs équatoriens en leur apprenant et en partageant avec eux sa façon de produire du café – du café de spécialité dans un pays où cela n’existait pas ! Sa porte est toujours restée ouverte pour aider d’autres producteurs, et il nous a toujours permis, à nous, d’avoir accès à eux. C’est comme ça que nous avons débuté nos relations avec de nouveaux producteurs, tels que 1600, la ferme voisine de Las Tolas, ou encore la petite exploitation de Rosa Encarnacion, à 2300 mètres, dans la région d’Imbabura.  

Cette année, Arnaud a eu une production assez conséquente à Las Tolas : nous avons son célèbre blend Caturra/Pacas, mais aussi ses mono-variétés telles que le Bourbon Tekisik, le Java et le Pacamara. Nous avons également réussi à acheter un peu plus de sacs de Las Terrazas del Pisque, qui cette année commence à bien produire. De 1600, nous avons eu des lots exceptionnels, et ils ont bien séparé les cafés de cette récolte par variétés : nous avons un peu de Caturra, de Bourbon Tekisik et de Pacamara. A Rosa Encarnacion et sa ferme La Rafaela, nous avons acheté un petit lot de Caturra/Colombia, et nous espérons que ce petit terroir trouvera bientôt des habitués.

Tous les cafés sont en stock, vous pouvez dès à présent nous demander des échantillons !

Angel, pour l’équipe Belco

PS1 : je précise Tekisik pour le Bourbon car il s’agit d’un Bourbon venant directement du Salvador.  Arnaud l’avait bien sélectionné au moment de commencer l’aventure de Las Tolas et il l’a distribué auprès d’autres producteurs par la suite.

PS2 : pour ceux qui me connaissent, vous avez peut-être remarqué que j’ai piqué quelques phrases à Boris Vian pour écrire ce texte 🙂

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