Marcos était dans les locaux de Belco il y a quelques mois, voici l’entretien que nous avons eu ensemble ce jour-là!

Marcos, merci avant tout de nous rendre visite à Bordeaux!

C’est une grande opportunité pour moi d’enfin venir à Bordeaux, cette ville qui met au cœur le vin… mais aussi du café de qualité !

Pouvez-vous nous parler un peu de la Fazenda Ambiental Fortaleza ?

L’histoire de FAF a commencé avec nous, en 2001. La ferme a été dans la famille de ma femme depuis toujours. Elle en est la cinquième génération.

A cette époque, nous vivions à Chicago. Lorsque mon beau-père est décédé, toute la famille débattait autour de l’avenir de la ferme. Mon beau-père était un grand producteur de café et essayait de produire de la qualité. Mais il n’y avait qu’un seul café et à cette époque les prix étaient très bas ; la famille était dans une passe difficile.
La majorité des fermes alentours étaient en faillite, et nous, nous habitions aux Etats-Unis.

Des racines et des ailes

Nous avons alors eu une longue discussion avec Sylvia, ma femme, car il y avait deux choses que je souhaitais donner à nos enfants : d’une part des racines et d’autre part des ailes.
Je lui ai dit : « Gardons la ferme » .

FAF

Elle m’a dit : « seulement si elle est biologique ». Sylvia a toujours été tournée bio : lorsque je l’ai rencontrée, elle était apicultrice. Ele était déjà bio avant même que le bio soit enseigné à l’école. Elle faisait les cours à la maison à nos enfants, elle était toujours à la recherche de bons ingrédients, de bonne nourriture. Elle était vraiment différente.
Nous avons donc décidé de devenir agriculteur, d’apprendre et de nous lancer dans ce challenge.

« Tu vaux ce que tu es, pas ce que tu possèdes »

C’était notre philosophie de vie avec Sylvia et je voulais vraiment que nous enfants la comprenne. Je n’avais pas d’expérience agricole, mais j’ai toujours aimé la nature, et j’ai vraiment commencé à apprendre, avec Sylvia, l’importance de faire les bonnes choses. Il y avait beaucoup de choses sur lesquelles nous nous questionnions, la façon dont le monde fonctionnait, la place de la nature, etc.

A cette époque, nous vivions à Bob o Link Road

Après 8 ans à vivre à Bob o Link Road, j’ai eu une réunion au Bureau de la Conservation de la Nature de l’Illinois (USA) et j’ai découvert un logo avec un oiseau marqué « Bob o Link ». Quelle coïncidence ! Je ne savais pas que Bob O Link était le nom d’un oiseau. Je leur ai alors demandé pourquoi le Bob o Link ?
Cet oiseau vole tous les ans des USA au Brésil. Seulement au Brésil les cultures se réduisaient de plus en plus à de la monoculture de haricots, de maïs et de canne à sucre. Si on continuait dans cette voie il n’y aurait bientôt plus eu d’abeilles, d’eau potable, et de Bob o Link.

Une ferme adaptée au Bob o Link

J’ai adoré cette image et je me suis dit qu’il fallait créer une ferme adaptée aux Bob o Links.
Nous avons donc commencé à modifier la ferme. Notre rêve, notre mission était de devenir un modèle de ferme durable, sur les aspects sociétaux, environnementaux et économiques. Parce qu’une fois que l’on est rentable et durable, on peut commencer à penser au reste et veiller sur les oiseaux, les arbres, les sols.

Une ferme comme lieu d’éducation

Nous avons donc décidé d’entretenir la ferme comme un endroit où l’on éduque les gens, et où ils apprennent sur eux-mêmes, mais aussi sur les sols et l’agriculture. Je voulais qu’on y apprenne la différence entre un sol et de la terre. Parce qu’en agriculture conventionnelle, on change les sols en de la terre. Mais lorsque l’on a une ferme biologique, c’est beaucoup plus compliqué.

Une éducation autour d’une vie plus saine

L’apprentissage du sol

Donc ça nous a pris, pour vous donner une idée, 12 ans, pour retransformer la terre en un vrai sol. Lorsque vous créez une ferme biologique, vous cherchez des matériaux organiques, des microorganismes. Donc vous devez apprendre à identifier et quantifier les différents microorganismes pour connaitre la qualité et la composition de ce sol. Cela nous a pris 12 ans, en faisant venir des gens, des professionnels, en faisant des essais.

Connaitre ses sols pour travailler avec eux

La bio active et passive

Ensuite, nous avons également débuté le projet de ce qu’on appelle le bio actif, et le bio passif.
Avec le bio actif, on plante le café en rangs, il y a les plantes vivaces comme le café, et nous avons aussi des bananes, des mangues, des avocats. Et au milieu, nous avons planté les plantes annuelles, c’est-à-dire l’avoine, les haricots, les melons, les tournesols, le maïs. Nous faisions une rotation, en essayant d’avoir une fertilisation écologique avec des cocktails de plantes qui apporteraient plus de richesse au sol.

Agriculture biologique active avec productions intercalaires

De l’autre côté on parle de bio passif. Chaque espèce vivante, que ce soit des végétaux, des animaux, ou des êtres humains, doivent trouver la bonne « maison » pour être heureux, pour être en bonne santé. Il s’agit de trouver le bon terroir, l’endroit le plus adapté à l’espèce vivante, qui sont dans ce cas les caféiers.
Nous avons donc commencé à faire des expériences sur la ferme, dans plusieurs terroirs, dans la forêt secondaire (ndlr. forêt plantée par l’Homme). Nous avons une magnifique forêt primaire (naturelle), à laquelle nous ne touchons pas.
Dans la ferme secondaire, les arbres ont été plantés il y a 3 ans, et nous y avons planté du café. Nous avions coupé les branches pour ouvrir un peu la canopée et pouvoir planter du café. Ça nous a pris 5 années de plus pour apprendre des différentes variétés, et tous les ans nous plantions davantage pour en apprendre plus sur les variétés, les terroirs, les collines, la quantité de lumière que nous devrions donner aux cafés.

Agriculture biologique passive dans la ferme

Apporter cette vision du café aux torréfacteurs

Heureusement, des torréfacteurs ont commencé à apprécier ce que nous faisions. Notre fils, Felipe, est allé à l’université aux USA où un professeur l’avait invité à venir apprendre à torréfier, à déguster. Ceci fut une bonne chose pour nous, car nous avons ainsi appris à déguster nos cafés. Cela nous a permis de savoir ce que l’on faisait, et de bâtir des relations avec les gens car à l’époque, le café de spécialité était à ses tout débuts.

Marcos & Sylvia en dégustation à la ferme

Début 2005, on a commencé à vraiment parler avec les gens qui savaient ce qu’est le café aujourd’hui. Le café est devenu un produit comme le vin, l’huile d’olive, la bière, tout le monde y cherche la qualité, et cherche aussi la façon dont l’agriculture a été faite. Après tout, nous parlons uniquement de la qualité en bouche, mais je pense que nous devons aussi penser à la qualité « globale », c’est-à-dire pas seulement la qualité en bouche, mais aussi comment les gens vivent sur place, comment vivent les animaux, quel soin est donné à l’environnement, etc.

Un projet visionnaire & fédérateur

Aujourd’hui, nous sommes heureux d’avoir trouvé un moyen, et trouvé des partenaires qui ont permis à Fazenda Ambiental Fortaleza d’aller au niveau suivant.
Tout dans la ferme nous a pris 10 ans. Lorsque l’on est arrivé avec tous ces projets, les voisins ont dit « Soit ce gars est communiste, ou il est fou, ou il est visionnaire ! ». Eh bien…peut-être les trois !
Mais aujourd’hui tous ces voisins font partie de notre projet Bob-o-link, tout le monde travaille avec nous et nous les aidons à exporter leurs cafés.

Joao Hamilton et Ivan, voisins, producteurs et partenaires du projet Bob o Link

Le projet Bob o Link

Ce n’est qu’après tout cela que le projet Bob-o-link a été créé.

Les Bob-o-Link chez Belco

Le projet Bob-o-link est un regroupement de fermes de notre région, que nous avons également étendu à des régions voisines car l’oiseau Bob-o-link ne reste pas uniquement dans nos fermes !
L’idée est de trouver un moyen de cultiver du café viable aujourd’hui et demain. Donc le projet Bob-o-link aujourd’hui, est de travailler dans le même système respectueux de l’environnement, des hommes et produisant un café de qualité. Car nous sommes tous responsables des ressources dont nous disposons : avoir de la bonne eau, un bon sol et de la biodiversité.

Nous sommes très heureux de dire que nous avons trouvé de formidables partenaires, et que l’un de ces formidables partenaires est Belco.

 


Découvrez les Bob-o-Link de Marcos avec le Bob o Link Nature, le Bob o Link Jaune, le Bob o Link certifié BIO, ainsi que 2 microlots de FAF: un lavé et une variété Sumatra!

Découvrez la sélection de cafés de FAF

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